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Les conséquences de la numérisation sur la démocratie représentative au menu des discussions des présidents de parlements

L’espoir de se retrouver en personne n’aura pas été exaucé non plus pour la dernière des conférences organisées dans le cadre de la présidence allemande du Conseil de l’UE. La conférence des présidentes et présidents des parlements des États membres de l’UE et du Parlement européen du lundi 10 mai 2021 se tiendra à nouveau en visioconférence – comme l’ensemble des réunions organisées avant cela par le Bundestag allemand et le Bundesrat. En tant que pays ayant exercé la présidence du Conseil de l’UE au deuxième semestre de l’année précédente, c’est l’Allemagne qui est l’hôte cette année de la conférence des présidentes et présidents de parlements. Dans leur lettre d’invitation, le président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, et le président du Bundesrat, Reiner Haseloff, ont souligné combien ils auraient aimé retrouver leurs homologues à Berlin. Un événement en présence physique au terme de présidence allemande du Conseil de l’UE « s’avère cependant malheureusement impossible face à l’évolution dynamique de la pandémie », ont regretté les deux présidents d’assemblées allemands.

Quoi qu’il en soit, la réunion a bien lieu. « Après l’annulation forcée en raison de la pandémie l’an dernier, nous voulions absolument reprendre cet échange parlementaire entre présidents », a insisté Wolfgang Schäuble en amont de la conférence. « Nous tiendrons compte des particularités d’une visioconférence, et nous nous concentrerons sur un sujet », a-t-il poursuivi.

Propos liminaires de la politologue Jeanette Hofmann et de l’économiste Francesca Bria

Le sujet en question a pour titre : « Numérisation et mutation de la sphère publique - Dangers et chances pour la démocratie représentative ». La discussion sera animée par la journaliste Anke Plättner et peut être suivie en direct vidéo sur le site www.parleu2020.fr. Wolfgang Schäuble et Reiner Haseloff ouvriront les travaux de la conférence à 9h30 ; la politologue Jeanette Hofmann et l’économiste Francesca Bria tiendront ensuite les propos liminaires en introduction à la discussion sur le thème de la journée. L’une et l’autre sont des expertes remarquables : Jeanette Hofmann dirige le groupe de recherche « Politique de la numérisation » à l’Institut Weizenbaum de Berlin et est professeure de politique de l’Internet à l’Université libre de Berlin. Au cours de la 17e législature du Bundestag, elle a fait partie de la commission d’étude ad hoc « Internet et société numérique ». Francesca Bria est présidente du Fonds national italien pour l’innovation et professeure honoraire à l’Institut pour l’innovation et le bien-être public au University College London (UCL). Elle y enseigne sur les sujets de la souveraineté numérique et des villes intelligentes centrées sur l’être humain.

Le président du Bundestag attend une « discussion intensive et fructueuse »

Wolfgang Schäuble attend une discussion intensive et fructueuse. « La numérisation entraîne une mutation profonde de notre sphère publique », affirme-t-il. Cela n’est pas sans conséquence pour la démocratie parlementaire, qui se retrouve peu ou prou sous pression dans tous les États occidentaux. Comment contrer la fragmentation de la sphère publique et que signifie, précisément pour le principe de représentation, l’attente de plus en plus forte de participation ? « Ce ne sont là que deux des questions pressantes qui nous attendent lors de notre échange d’expériences avec mes homologues européens », explique le président du Bundestag.

Une numérisation à deux visages pour le président du Bundesrat

« La numérisation modifie notre monde à un rythme effréné », affirme le président du Bundesrat, Reiner Haseloff. Cela se voit surtout à la manière dont on communique et dont les gens s’informent sur la politique. « Mais la numérisation a deux visages », souligne celui qui est aussi ministre-président du Land de Saxe-Anhalt. D’une part, de plus en plus de personnes peuvent participer aux discussions, explique-t-il, avant de poursuivre : « Mais d’autre part, nous voyons dans Internet une intolérance croissante, de l’agressivité et une menace pour la liberté et la démocratie. »

La question centrale qui interpelle tout particulièrement les parlements, cœur battant de la démocratie, est donc : comment peut fonctionner la démocratie libérale dans le monde numérique ? Reiner Haseloff se réjouit des discussions animées à venir, qui intégreront des perspectives différentes de l’Europe entière. « Ce sont précisément cette diversité et ce consensus autour de valeurs fondamentales qui font notre force dans l’UE. Nous nous retrouvons tout à fait dans l’esprit de la devise de l’Union européenne : Unie dans la diversité ». (hau/04/05/2021)