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Visioconférence avec le Parlement européen : coronavirus et avenir de l’UE

Les présidents du Bundestag allemand et du Parlement européen (PE) et les présidents des groupes parlementaires de ces deux assemblées se sont retrouvés le mercredi 27 mai 2020, soit cinq semaines avant le début de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne, pour une visioconférence annonçant la dimension parlementaire de la présidence du Conseil.

Les défis de la pandémie de Covid-19

Lors de cette séance présidée par Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, et David Sassoli, président du Parlement européen, les députés ont évoqué les défis que pose la pandémie de Covid-19 pour une Europe résiliente, durable et équitable, le cadre financier pluriannuel (CFP) et les perspectives pour la conférence sur l’avenir de l’Europe.

Les débats se sont tenus dans le contexte de la proposition commune, avancée par la chancelière allemande Angela Merkel (CDU) et le président français Emmanuel Macron, de créer un fonds de relance européen, et du plan de relance présenté le matin devant le Parlement européen par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Wolfgang Schäuble : augmenter la compétitivité de l’Europe dans le monde

Dans son introduction, M. Wolfgang Schäuble, président du Bundestag, a souligné la grande importance d’un suivi parlementaire de la présidence allemande du Conseil, tant par le Parlement européen que par le Bundestag. « Ces deux niveaux parlementaires sont nécessaires à la légitimité démocratique de la politique européenne », a-t-il déclaré.

Wolfgang Schäuble a également appelé à considérer la crise issue de la pandémie de coronavirus comme une chance, celle « d’œuvrer maintenant en faveur d’une Europe plus innovante, plus ouverte aux différentes options technologiques dans des secteurs d’avenir importants, surtout dans le numérique et l’intelligence artificielle, plus dynamique au plan économique et améliorant, par ses propres forces, sa compétitivité dans le monde ».

« Les conséquences de la migration seront une des priorités de la présidence du Conseil »

En outre, Wolfgang Schäuble a indiqué que la gestion des conséquences de la migration mondiale constituerait une des priorités de la présidence allemande du Conseil. Il a proposé d’organiser une conférence de haut niveau sur la migration et l’asile qui se tiendra à l’automne prochain au Parlement européen.

Cette proposition a recueilli l’appui de M. David Sassoli, président du Parlement européen, qui a estimé qu’il pouvait être « pertinent et utile » d’élaborer des normes communes lors d’une telle conférence. Il s’est montré confiant, estimant que cette conférence pourrait renforcer la coopération entre les parlements et fournir des approches concrètes pour résoudre la crise migratoire.

« Utiliser les fonds disponibles pour réaliser des projets d’avenir »

Lors du débat qui a suivi, M. Ralph Brinkhaus, président du groupe CDU/CSU au Bundestag, a souligné que l’intégration des parlements nationaux au travail européen était « incroyablement importante », car elle crée la légitimité nécessaire pour faire avancer le projet européen.

En ce qui concerne les possibilités de règlement de la crise, le président du groupe CDU/CSU a déclaré qu’il n’était « pas judicieux » d’essayer de rétablir la situation d’avant la crise, mais qu’au contraire, il fallait utiliser les fonds disponibles pour réaliser des projets d’avenir.

« Associer davantage les grands groupes à l’indemnisation »

M. Manfred Weber, président du groupe PPE (Parti populaire européen) au Parlement européen, a appelé au respect de l’État de droit lors de l’attribution des fonds au niveau européen. Il a indiqué qu’il ne fallait pas non plus perdre de vue la question des modalités et du calendrier du remboursement des fonds, précisant qu’il n’était pas partisan de l’endettement. Manfred Weber a souligné que, bien que ce soit la seule option possible à l’heure actuelle, il ne fallait pas, tout simplement, imputer les dettes au prochain cadre financier après 2027. Il a indiqué que son groupe parlementaire estime qu’il faut aborder la question des ressources propres et, par exemple, demander aux grands groupes comme Amazon une contribution plus importante au remboursement.

Mme Alice Weidel, présidente du groupe parlementaire AfD, a évoqué l’imminence d’une récession de grande ampleur, aggravée par l’inflation, ce qui constitue à ses yeux un scénario très dangereux pour l’Europe tout entière, car indissociable d’une augmentation du chômage. Elle estime qu’il n’est pas possible de réagir à cette situation par des moyens de politique monétaire, mais qu’une augmentation de la redistribution ne permettrait pas non plus de résoudre les défis. La restructuration de la politique fiscale et des conditions d’ensemble pour les entreprises, dans l’objectif d’augmenter la responsabilité individuelle, constitue en revanche à ses yeux un angle d’action possible.

« Aider surtout les plus démunis »

Mme Iratxe Garcia Perez, présidente du groupe S&D (Alliance progressiste des socialistes et démocrates) au Parlement européen, a exigé que la politique de relance soit également solidaire, estimant qu’il fallait surtout aider ceux qui en ont le plus besoin. Elle a souligné que l’enjeu n’était pas uniquement la solidarité, mais bien plus la question de la survie de l’euro et du marché unique. Elle pense qu’il faut éviter que certains pays puissent sauver leurs entreprises par des aides financières alors que d’autres n’en auraient pas les moyens, objectant que cela entraînerait une distorsion du marché unique.

M. Rolf Mützenich, président du groupe SPD au Bundestag, a déclaré qu’il fallait, même indépendamment de la crise du coronavirus, faire progresser la transition dans l’optique d’une réforme sociale et écologique. Il a souligné que la question des normes sociales minimum et d’une réassurance chômage était importante pour son groupe, et qu’il n’était pas question de toucher au principe de la primauté du droit de l’UE, même dans ces cas.

« Pour une action solidaire et responsable »

M. Malik Azmani, président du groupe Renew Europe au Parlement européen, s’est montré confiant, estimant que des solutions à la crise économique pourraient être trouvées « si l’Europe agissait de manière solidaire et responsable ». Le thème le plus important pour son groupe, également en liaison avec le CFP, est la question de l’État de droit. Malik Azmani a exigé que des actions soient engagées si ces règles n’étaient pas respectées.

M. Christian Lindner, président du groupe FDP au Bundestag, a indiqué que la présidence allemande du Conseil ne devait pas, pas plus que le CFP, être placée sous le seul signe du coronavirus, mais qu’il fallait plutôt un programme général de modernisation. Christian Lindner a également exigé que la solidarité soit assortie d’une définition claire des responsabilités. Les déficits que l’on déplore aujourd’hui ne sont pas tous dus à la pandémie, a-t-il précisé.

« Une adhésion de pure forme au principe de subsidiarité »

Pour M. Jörg Meuthen, vice-président du groupe Identité et démocratie au Parlement européen, la crise du coronavirus sert de prétexte pour imposer une centralisation accrue au niveau de l’UE. Il estime que l’adhésion à la fameuse subsidiarité n’est que de pure forme. La notion de solidarité est utilisée à tout propos, a déclaré Jörg Meuthen. Il a ajouté que la solidarité s’imposait plus que jamais comme une évidence, mais que ce que l’on recherchait, c’était en réalité une simple redistribution socialiste.

Selon M. Dietmar Bartsch, président du groupe La Gauche au Bundestag, le positionnement de l’UE en matière de politique mondiale est un défi important. Il estime que la situation actuelle, où deux puissances mondiales, les États-Unis et la Chine, font de certains états leurs alliés, entraînera des problèmes pour l’Europe, également pour l’Allemagne présumée forte.

« Ne pas revenir à la situation antérieure une fois la crise surmontée »

M. Philippe Lamberts, président du groupe des Verts au Parlement européen, s’est félicité que l’Allemagne assume la présidence du Conseil dans une phase aussi difficile, car elle est en effet l’un des États membres dont le parlement dispose de vrais pouvoirs. Il a également souligné qu’il ne pouvait être question de revenir à la situation antérieure une fois la crise surmontée. Philippe Lamberts s’est dit heureux que le président du groupe CDU/CSU, Ralph Brinkhaus, partage cette vue, car, par le passé, l’Allemagne a souvent freiné les réformes.
M. Anton Hofreiter, président du groupe Alliance 90/Les Verts au Bundestag, a exigé des investissements dans les technologies d’avenir, estimant qu’il fallait par exemple aborder la crise climatique de manière proactive « pour éviter qu’elle ne se transforme en catastrophe climatique ».

« Une position claire de l’UE face aux États-Unis »

M. Raffaele Fitto, président du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement européen, a exigé que l’UE adopte une position claire face aux États-Unis. Il estime que cela est d’une importance fondamentale pour l’Europe.
M. Martin Schirdewan, président du groupe de la Gauche européenne au Parlement européen, a exigé des investissements dans l’avenir. Estimant qu’il fallait renforcer la dimension sociale de l’UE, il s’est félicité du projet d’endettement commun et du transfert des fonds aux États membres. Il y voit un changement de paradigme nécessaire. (hau/27/05/2020)

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