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Les présidents de commission demandent que la stratégie de la Commission « De la ferme à la table » soit mise en œuvre « avec discernement »

Plus d’agriculture biologique, moins de pesticides, réduction de moitié de l’utilisation des antibiotiques : ce sont quelques-uns des points essentiels de la stratégie « De la ferme à la table » développée par la Commission européenne, qui doit permettre de réduire globalement l’empreinte environnementale et climatique du système alimentaire de l’Union, de protéger la santé des citoyens et de garantir les moyens d’existence des acteurs économiques. L’objectif supérieur de l’ensemble du programme est de rendre l’agriculture, la pêche, l’aquaculture et la chaîne de valeur alimentaire conformes au plan cible en matière de climat à l’horizon 2030 et de contribuer à la neutralité climatique à laquelle l’UE aspire pour 2050.

Durant la deuxième partie de la conférence des présidents des commissions de l’environnement, de l’énergie, des transports et de l’agriculture des parlements nationaux et du Parlement européen, dans le cadre de la dimension parlementaire de la présidence du Conseil de l’UE, le lundi 5 octobre 2020, intitulée « Nouveaux défis pour la PAC (2021-2027) et priorité à la production alimentaire durable : de la ferme à la table », cette stratégie a été favorablement accueillie, mais il a été rappelé dans le même temps qu’elle devait être mise en œuvre « avec discernement ».

Alois Gerig : nos agriculteurs ont une importance systémique

Comme l’a affirmé Alois Gerig (CDU), président de la commission de l’alimentation et de l’agriculture du Bundestag et animateur de la discussion, les agriculteurs de l’UE ont démontré durant la pandémie due au coronavirus « que nous pouvons aussi compter sur eux en temps de crise ». L’approvisionnement en denrées alimentaires de qualité a été assuré sans interruption. C’est le mandat qui a été donné à l’agriculture. « C’est pourquoi nos agriculteurs ont, eux aussi, une importance systémique », a déclaré Alois Gerig. Le constat vaut aussi bien pour l’agriculture conventionnelle que pour l’agriculture biologique.

Face aux défis du futur, l’agriculture est un acteur important pour apporter des solutions

Selon Alois Gerig, l’un des plus grands défis est de trouver l’équilibre « entre écologie et économie » dans l’agriculture. Pour y arriver, les agriculteurs doivent être soutenus financièrement. L’élu de la CDU souligne la nécessité d’agir avec discernement et se dit opposé à « la surenchère écologique ». L’agriculture est certainement aussi, selon lui, « une partie du problème concernant l’environnement, les insectes et la protection du climat ». Mais, face aux défis futurs, elle est surtout un acteur important pour apporter des solutions à ces problèmes.

Alois Gerig réclame des conditions de concurrence loyales, plus de valeur pour la nourriture et une meilleure appréciation des producteurs. « Je voudrais que les jeunes soient motivés pour rejoindre l’agriculture et reprendre l’exploitation de leurs parents », a affirmé le président de la commission de l’agriculture du Bundestag.

Pour Julia Klöckner, ministre de l’Agriculture, l’objectif premier de l’agriculture est de nourrir les gens

La ministre fédérale de l’Agriculture, Julia Klöckner (CDU), a parlé elle aussi de discernement dans la mise en œuvre de la stratégie. Le premier objectif de l’agriculture est et reste de nourrir les gens, « avec des denrées alimentaires de bonne qualité et à un prix abordable ». Aujourd’hui, selon la ministre, « on en demande un peu beaucoup » aux agriculteurs. On exige d’eux une approche plus verte, mais celle-ci pourrait être aussi dans leur propre intérêt. « La protection de l’environnement, la préservation de la biodiversité et des espèces sont bonnes pour l’agriculture », a souligné Julia Klöckner. Les demandes ne manquent pas, surtout celles provenant d’acteurs extérieurs à l’agriculture. La stratégie « De la ferme à la table » a identifié des objectifs très concrets, comme la diminution de 50 pour cent des produits phytosanitaires et la diminution de 20 pour cent du recours aux engrais. Cela semble une très bonne chose, qui a d’ailleurs aussi le soutien de la population. Cependant, « ces demandes doivent aussi pouvoir être applicables dans la pratique pour les agriculteurs ».

Insatisfaction du Conseil « Agriculture et pêche » vis-à-vis de la stratégie de la Commission

Au Conseil des ministres « Agriculture et pêche », actuellement présidé par Julia Klöckner, et où est discutée la réforme de la Politique agricole commune (PAC), les ministres de l’Agriculture des États membres ont manifesté une grande insatisfaction, pour certains, vis-à-vis de la stratégie de la Commission, a affirmé la ministre allemande. S’agissant de la diminution de 50 pour cent de l’utilisation des produits phytosanitaires, il doit encore être précisé, selon elle, si cette diminution s’applique « par exploitation ou par État membre ». Il n’a pas été clarifié non plus « si les grands efforts déjà réalisés précédemment pour réduire l’usage des produits phytosanitaires » seront pris en considération. Il est important de s’appuyer sur une base scientifique et sur une évaluation des incidences, a déclaré la ministre de l’Agriculture. Il doit rester possible pour les agriculteurs de maintenir les plantes en bonne santé. Il y a consensus au sein du Conseil « Agriculture et pêche » pour constater que l’on a besoin d’une agriculture productive qui soit durable. Cette durabilité repose à son tour sur trois piliers : « L’écologie, l’économie et la question sociale doivent être pensées conjointement, et il faut y apporter une réponse commune », a affirmé Julia Klöckner.

Pour le président de la commission de l’agriculture du Parlement européen, une évaluation des incidences est nécessaire pour la stratégie

Des questions sur la stratégie de la Commission européenne, il y en a aussi à la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen, comme l’a expliqué son président, Norbert Lins, durant la conférence. Tout le monde y convient « que la nouvelle PAC doit être plus verte ». La discussion porte sur le degré nécessaire de flexibilité. Cependant, pour des motifs d’égalité face à la concurrence, il faut aussi s’accorder sur des éléments communs. Selon Norbert Lins, on a besoin d’un budget minimum pour les mesures environnementales dans l’agriculture, et d’un budget minimum pour les mesures de protection du climat.

Tout comme les orateurs qui l’ont précédé, le président de la commission de l’agriculture du Parlement européen a souligné que la sécurité alimentaire et la compétitivité de l’agriculture européenne devaient continuer d’être garanties. Pour Norbert Lins, la question des innovations est trop peu présente dans la stratégie. Mais ce dont on a surtout besoin, c’est d’une évaluation des répercussions pour la stratégie. « En fin de compte, on n’aura rien gagné si l’agriculture est externalisée hors de l’UE », a déclaré Norbert Lins. L’UE doit maintenir son rôle de leader pour que d’autres puissent la suivre. Se refermer sur soi-même ne peut pas être un objectif.

Le commissaire à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, voit de meilleures chances pour les petites et moyennes exploitations familiales

Du point de vue du commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, l’agriculture européenne a fait ses preuves dans la crise due au coronavirus. La sécurité d’approvisionnement a été maintenue, les chaînes d’approvisionnement alimentaire n’ont été interrompues nulle part en Europe. Il n’en demeure pas moins une nécessité d’agir, selon le commissaire à l’agriculture, qui se réfère ici à l’extinction des exploitations agricoles. Quatre millions d’entre elles ont été fermées au cours des dix dernières années. La conséquence en est que, dans certains secteurs, la production agricole ressemble à de la production industrielle. Or, une agriculture concentrée rend de plus en plus difficile la garantie de la santé et du bien-être des animaux.

Le commissaire à l’agriculture voit dans les stratégies déployées dans le cadre du pacte vert pour l’Europe de grands défis, mais aussi des « chances énormes » pour l’agriculture européenne, « notamment pour les petites et moyennes exploitations familiales ». Dans les conditions actuelles, celles-ci auraient bien plus à perdre dans la course à une production plus intensive.

Janusz Wojciechowski s’est dit satisfait qu’il y ait un budget adéquat pour relever les défis. Selon les projets de la Commission européenne, les dépenses pour la PAC devaient être augmentées de plus de 26 milliards d’euros par rapport à 2018. Finalement, le Conseil a approuvé une augmentation de 21 milliards d’euros.

Large échange de vues entre les députés

Durant la discussion, des demandes et des préoccupations ont été exprimées en sens divers. Certains ont émis la crainte que le Conseil européen puisse affadir la stratégie. D’autres ont suggéré l’idée que des objectifs trop élevés pourraient pénaliser l’agriculture européenne vis-à-vis de ses concurrents. Il a en outre été exigé que la PAC soit revue en tenant compte des enseignements de la pandémie de coronavirus et que l’on veille à soutenir comme il se doit les petites exploitations et à faciliter le passage entre générations. Enfin, il faut garantir aux agriculteurs un accès plus étendu aux innovations et aux nouvelles technologies. (hau/06.10.2020)

Retrouvez ici le rapport sur le Pacte vert de la conférence des présidents des commissions de l’environnement, de l’énergie, des transports et de l’agriculture des parlements nationaux et du Parlement européen du 5 octobre 2020 à Berlin.

Vidéos de la conférence des présidents de commission « Pacte vert et politique agricole commune » le 5 octobre 2020

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Film de la conférence des présidents de commission « Pacte vert et politique agricole commune »

Retrouvez ici en bref les thèmes principaux de la visioconférence des présidents des commissions de l’environnement, de l’énergie, des transports et de l’agriculture des parlements nationaux et du Parlement européen du 5 octobre 2020 à Berlin

Informations complémentaires ici.

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Vidéos de la conférence des présidents de commission « Pacte vert et politique agricole commune »

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Film de la conférence des présidents de commission « Pacte vert et politique agricole commune »

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Sylvia Kotting-Uhl lors de la con­fé­rence "Pacte vert et Politique agricole commune"

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Cem Özdemir lors de la con­fé­rence "Pacte vert et Politique agricole commune"

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