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À la CIP PESC/PSDC, les députés réclament des sanctions après l’élection présidentielle au Bélarus

Pour le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, les choses sont on ne peut plus claires : « Nous ne reconnaissons pas le résultat de l’élection présidentielle au Bélarus », a déclaré le vice-président de la Commission européenne, ce vendredi, durant la conférence interparlementaire pour la Politique étrangère et de sécurité commune et la Politique de sécurité et de défense commune (CIP PESC/PSDC). Les élections n’ont été ni libres, ni équitables, selon Josep Borrell. Loukachenko n’est donc pas le président légitime du Bélarus. Le vœu de changement, justifié, de la population du Bélarus a été repoussé brutalement, a poursuivi Josep Borrell, qui souligne : « Nous soutenons les aspirations démocratiques du peuple du Bélarus ».

Un gouvernement en exil avec Svetlana Tikhanovskaïa comme présidente ?

Pour certains parlementaires, ce n’est toutefois pas assez. Reinhold Lopatka, président de la commission des affaires de l’Union européenne du Conseil national autrichien, a par exemple demandé « de nouvelles élections sous contrôle international », durant la première partie de la visioconférence, animée par David McAllister, président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. D’autres députés, comme Jacek Protasiewicz, membre de la commission des affaires européennes du parlement polonais, se sont dits satisfaits de la première réaction de l’UE après l’élection, mais ont toutefois réclamé des sanctions contre le Bélarus.

Audronius Ažubalis, membre de la commission des affaires étrangères du parlement de Lituanie, est allé encore plus loin dans les exigences. Au lieu de nouvelles élections, l’UE doit reconnaître selon lui comme présidente la candidate de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, qui a clairement gagné l’élection. Un gouvernement en exil pourrait ainsi être formé et constituer un centre de pouvoir alternatif au dictateur Loukachenko, a proposé le député lituanien.

Josep Borrell : la Commission n’est pas compétente pour reconnaître un gouvernement

Le haut représentant aux affaires étrangères s’est montré beaucoup plus prudent. La Commission se concentre sur des sanctions individuelles contre des représentants du régime, afin de ne pas pénaliser la population, a-t-il affirmé. S’agissant de la reconnaissance de Svetlana Tikhanovskaïa en tant que présidente, le vice-président de la Commission s’est déclaré non compétent. La Commission européenne n’est pas compétente pour reconnaître officiellement ou ne pas reconnaître un gouvernement. C’est aux États membres de le faire, affirme Josep Borrell.

Comme l’a bien montré la première partie de la conférence, le Bélarus n’est pas le seul chantier de politique étrangère à l’ordre du jour du haut représentant. Pour preuve, ce dernier était connecté avec les députés non pas depuis Bruxelles, mais depuis Le Caire, la capitale égyptienne. Après des entretiens avec des représentants du gouvernement égyptien et de la Ligue arabe, Josep Borrell a annoncé qu’il poursuivra son voyage vers la Libye. Malgré le cessez-le-feu, la situation y reste compliquée, et le gouvernement en place n’exerce pas pleinement ses pouvoirs.

Situation problématique en Méditerranée

La situation en Méditerranée elle aussi est compliquée. La Turquie, qui s’éloigne de plus en plus des valeurs européennes, agit « contre les intérêts de certains États de l’UE » en Méditerranée orientale, a déclaré Josep Borrell. Une situation où des bateaux militaires grecs et turcs se font face est une situation inquiétante. En réponse aux demandes de certains députés, il a souligné que la position de la Commission européenne vis-à-vis de la Turquie était claire et sans équivoque. « Nous voulons une approche équilibrée », a affirmé Josep Borrell. Des sanctions sont certainement une possibilité. Mais dans ce cas aussi, ce sont les États membres réunis au Conseil européen qui doivent en décider. Selon son vice-président, la Commission veut faire diminuer les tensions avec la Turquie et poursuivre le dialogue.

Des États membres peu enclins à céder à Bruxelles leur souveraineté en matière de politique de sécurité et de défense

Durant la deuxième partie de la conférence, animée par Dietmar Nietan, député SPD au Bundestag et chef de la délégation allemande à la CIP, les participants se sont penchés sur « Les voies menant à l’Union de la défense – Réorientation stratégique de la politique de sécurité et de défense de l’UE ». Dans son introduction à la discussion, Ronja Kempin, politologue à l’Institut allemand pour la politique et la sécurité internationales (SWP) a critiqué les efforts actuels, « insuffisants » selon elle, en vue du renforcement de la politique de sécurité et de défense de l’UE. La souveraineté dans la défense des intérêts européens ne peut pas seulement être pensée sur le plan conceptuel, mais doit « être enfin mise en œuvre, de façon urgente », a réclamé Ronja Kempin. Elle l’admet : beaucoup de choses ont été acquises sur le papier, par exemple le Fonds européen de la défense. Mais un coup d’œil sur la pratique politique montre « que la concrétisation des mesures reste en souffrance ». Les États membres sont toujours aussi peu enclins à céder à Bruxelles leur souveraineté dans le domaine de la politique de la sécurité et de la défense. La mission des députés des parlements nationaux doit être de faire pression en ce sens sur leurs gouvernements, demande Ronja Kempin.

Verres à moitié vides et à moitié pleins

Alors que plusieurs députés ont plus ou moins partagé le constat de la politologue allemande, le représentant du Service européen d’action extérieure, Charles Fries, a apprécié les choses différemment. Si Ronja Kempin voit le verre à moitié vide, lui le voit à moitié plein, a expliqué Charles Fries, qui a mentionné les avancées concrètes obtenues au cours des dernières années. Il pense notamment à la CSP (Coopération structurée permanente), qui comprend 46 projets et s’appuie sur 20 engagements, par lesquels tous les États membres participants se sont accordés, de manière juridiquement contraignante, pour coopérer plus étroitement, par exemple dans la planification et le développement de capacités. Charles Fries a aussi évoqué le Fonds européen de la défense, et la facilité européenne pour la paix. À lui seul, le Fonds européen de la défense et ses sept milliards d’euros destinés au cofinancement de projets d’armements constituent une avancée historique, a-t-il estimé.

Il faut plus de contrôle parlementaire

« La réalité est un peu moins rose », a répondu la députée européenne Nathalie Loiseau, qui s’est dite déçue de l’accord adopté au Conseil sur la facilité européenne pour la paix. Il ne suffit pas de parler de souveraineté de l’Europe dans de beaux discours si les moyens nécessaires ne sont ensuite pas mis à disposition. Le Conseil européen déclare déjà depuis des années que la politique de la défense relève de la compétence des États membres et que le Parlement européen ne devrait pas s’en mêler. Il faut pourtant plus de contrôle parlementaire, affirme Nathalie Loiseau, qui exhorte le Parlement européen et les parlements nationaux à s’impliquer davantage dans ce domaine.

Bastiaan van Apeldoorn, président de la commission des affaires étrangères du Sénat des Pays-Bas, a fait clairement apparaître que l’idée d’une armée européenne n’est pas poursuivie par tous les Européens. Cette idée est majoritairement rejetée dans son pays, tant parmi la population que sur l’échiquier politique, affirme-t-il. Bastiaan van Apeldoorn a fait savoir qu’il ne partageait donc pas la proposition encourageant les gouvernements à transférer encore davantage de souveraineté vers l’UE. (hau/04.09.2020)

Vidéos de la visioconférence CIP PESC/PSDC

00:03:20

Film CIP PESC/PSDC

Retrouvez ici en bref les thèmes principaux de la visioconférence de la CIP PESC/PSDC du 4 septembre 2020

Informations complémentaires ici.

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Vidéos de la visioconférence CIP PESC/PSDC du 4 septembre 2020

00:03:20

Film CIP PESC/PSDC

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Dietmar Nietan lors de la conférence CIP PESC/PSDC

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Roderich Kiesewetter lors de la conférence CIP PESC/PSDC

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