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Ne pas parler de l’Afrique, mais parler avec elle. La COSAC favorable à un dialogue d’égal à égal

Il est urgent que l’UE et l’Afrique dialoguent, mais il convient qu’elles le fassent sur un pied d’égalité. Constat partagé par les membres de la Conférence des organes parlementaires spécialisés dans les affaires de l’Union des parlements de l’Union européenne (COSAC), les intervenants africains et Horst Köhler, spécialiste de l’Afrique et ancien président de la République fédérale d’Allemagne, invité à la réunion de la COSAC du mardi 1er décembre 2020. Les échanges qui ont eu lieu sous le point de l’ordre du jour intitulé « Le rôle de l’Europe dans le monde – Un partenariat responsable avec l’Afrique » correspondaient exactement à ce qu’Horst Köhler souhaite pour l’avenir : une discussion avec l’Afrique, pas seulement sur l’Afrique. Cette session était animée par Gunther Krichbaum, président de la commission des affaires de l’Union européenne du Bundestag.

Au début de la session, Guido Wolf, président de la commission des questions de l’Union européenne du Bundesrat, a souligné l’importance essentielle de l’Afrique, « également en ce qui concerne la question de l’avenir de l’Europe », estimant qu’un partenariat marquerait d’une empreinte cruciale et historique le développement de ces deux continents également liés par leur histoire et leur culture. Guido Wolf a regretté que le  sommet UE-Afrique prévu à l’origine pour le mois d’octobre ait dû être repoussé en raison du coronavirus, ajoutant qu’il était temps d’être à l’écoute des voix et des perspectives africaines afin d’élaborer une stratégie commune.

Gunther Krichbaum a concédé que le discours public considérait beaucoup trop souvent l’Afrique comme un problème et beaucoup trop rarement comme une opportunité. « Nous nous demandons aussi beaucoup trop peu ce que ressentent les Africains quand nous parlons d’eux au lieu de parler avec eux », a déclaré le coprésident allemand de la COSAC.

Il faut relancer les relations entre l’Afrique et l’Europe

L’ancien Président fédéral Horst Köhler a estimé que les relations entre l’Afrique et l’Europe devaient prendre un nouveau départ. Selon lui, l’Europe ne doit pas voir dans l’Afrique un objet de sollicitude bien intentionnée, mais la considérer comme un sujet politique autonome ayant ses propres objectifs, sa propre volonté d’action et ses propres options d’action, bien que les anciennes perceptions dominent encore.

Horst Köhler, qui a notamment été envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara occidental,  a déclaré que l’Afrique connaissait depuis longtemps un processus d’affirmation de soi, qui s’accompagne également d’un regard critique sur l’Europe. Cela ne doit, selon lui, ni étonner ni irriter l’Europe, « mais la réjouir et susciter sa curiosité ». Ce dont l’Europe a besoin dans un monde en transition, ce n’est pas un partenaire hésitant ou dépendant, « mais un partenaire confiant en lui-même et prévisible ».

L’ancien Président fédéral a précisé que l’Afrique avait d’ailleurs d’autres possibilités de partenariat, comme la Chine, par exemple, qui avance des offres attrayantes. « Il est de l’intérêt de l’Europe, qui est encore le partenaire économique le plus important de l’Afrique, de lui proposer le meilleur partenariat. Et je pense qu’elle réunit toutes les conditions pour le faire », a-t-il déclaré.

Des responsabilités croisées

Ce fin connaisseur de l’Afrique a également parlé des responsabilités croisées  : « Les Africains eux-mêmes sont les principaux responsables du bon développement de leur continent », a-t-il indiqué, ajoutant que la société civile africaine s’était appropriée la question de la bonne gouvernance. L’indice dédié à ce sujet a constaté des progrès pendant dix années consécutives, suivies « malheureusement » d’un premier recul l’année dernière. Pour Horst Köhler, cette évolution est inquiétante et il faut la signaler, « mais sans suffisance ».

Pour l’ancien Président fédéral, la responsabilité de l’Afrique et la responsabilité de l’Europe sont indissociables. La corruption, par exemple, porte aussi des numéros de compte en banque européens, et il faut se demander si les accords de partenariat économique sont aussi dans l’intérêt des pays africains. Pour les accords agricoles, ce n’est plutôt pas le cas, a estimé Horst Köhler, ajoutant que cela freinait l’émergence et le développement d’un secteur agricole performant en Afrique.

L’ancien chef de l’État s’est dit convaincu que l’Afrique et l’Europe ne pourraient que profiter d’une coopération et que la volonté politique nécessaire existait. Ensemble, l’Union européenne et l’Union africaine regroupent environ 40 % des pays du monde. « Imaginez ce que nous pourrions réaliser avec des initiatives multilatérales élaborant des positions communes », a déclaré Horst Köhler.

Jeanine Mabunda : la conception commune de la démocratie est un lien fort

Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, a appelé de ses vœux une relation d’égal à égal. Elle a signalé que les pays africains souffraient moins des conséquences sanitaires de la crise du coronavirus que de son impact économique, estimant que cela devrait être pris en considération lors du dialogue sur un partenariat. Jeanine Mabunda estime que la conception commune de la démocratie est un lien fort entre l’Afrique et l’UE. « En tant que nouvelle et jeune démocratie, nous pouvons profiter de l’expérience européenne », a déclaré la présidente du parlement congolais.

Lilia Belil Manai, présidente de la commission des Tunisiens résidents à l’étranger de l’Assemblée des représentants du peuple, a souligné combien il était important de mettre en place des projets et partenariats constructifs communs réunissant les pays de l’Union européenne et le Maghreb. Emilia Monjowa Lifaka, vice-présidente de l’Assemblée nationale du Cameroun, espère qu’une coopération à long terme sera instaurée avec l’Union européenne, et pense que cela peut se faire par exemple par un renforcement des relations commerciales et des transferts de technologie.

Horst Köhler : les deux parties doivent être gagnantes

La coopération d’égal à égal avec l’Afrique a obtenu un soutien de la part de nombreux membres de la COSAC intervenant dans le débat, même s’ils ont signalé l’existence de problèmes. L’Europe doit maintenant montrer qu’elle est un meilleur partenaire que d’autres pays tiers. Lucia Puttrich, ministre du Land de Hesse et membre de la commission des questions européennes du Bundesrat, a déclaré que l’UE et l’Afrique partageaient un destin commun et qu’il fallait maintenant faire vivre la nouvelle stratégie UE-Afrique. L’ancien Président fédéral Horst Köhler a donc lui aussi tiré un bilan positif, se réjouissant de l’écho rencontré par l’idée d’un dialogue avec l’Afrique : « Nous devons trouver des objectifs communs permettant aux deux parties d’être gagnantes », a-t-il ainsi déclaré. (hau/01/12/2020)

Vous trouverez ici le compte rendu de la session I et II.

Vous trouverez ici le compte rendu de la session III.

Vous trouverez ici le compte rendu de la session IV.

Vidéos de la réunion virtuelle de la Conférence des or­ganes par­le­men­taires spé­cia­li­sés dans les af­faires de l’Union des par­le­ments de l’Union eu­ro­pé­enne les 30.11.2020 et 01.12.2020

00:05:31

Film de la COSAC virtuelle

Retrouvez ici en bref les thèmes principaux de la réunion virtuelle de la Conférence des or­ganes par­le­men­taires spé­cia­li­sés dans les af­faires de l’Union des par­le­ments de l’Union eu­ro­pé­enne (COSAC), or­ga­ni­sée par le Bun­des­tag al­lemand en co­opéra­tion avec le Bun­des­rat du 30 Novembre et du 1er décembre 2020

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Vidéos de la réunion virtuelle de la Conférence des or­ganes par­le­men­taires spé­cia­li­sés dans les af­faires de l’Union des par­le­ments de l’Union eu­ro­pé­enne

00:05:31

Film de la COSAC virtuelle

00:00:57

Gunther Krichbaum lors de la con­fé­rence « COSAC virtuelle »

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Thomas Hacker lors de la con­fé­rence « COSAC virtuelle »

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